Il est facile de penser que la flexibilité signifie être capable de se contorsionner pour prendre des formes de cirque. Mais la flexibilité est trop souvent confondue avec l’hypermobilité. Il est étonnamment facile de dépasser les limites du corps, d’étirer un muscle à l’excès et de risquer des tensions et des blessures.

La différence entre l’étirement et le sur-extension (aussi appelée flexibilité) implique souvent un contrôle ou un manque de mobilité. L’hypermobilité et la flexibilité sont souvent utilisées de manière interchangeable, mais en général, la flexibilité concerne le muscle et le fascia qui l’accompagne, tandis que l’hypermobilité fait référence aux ligaments.

La flexibilité est la capacité d’un muscle et d’un fascia à s’étirer et à s’allonger temporairement lorsque cela est nécessaire. La mobilité est la capacité de l’articulation à se déplacer activement dans l’amplitude de mouvement prévue. En d’autres termes, la mobilité est la capacité de l’articulation à se déplacer activement dans l’amplitude de mouvement prévue : La flexibilité est passive ; la mobilité nécessite un contrôle.

Un rapide aperçu de l’anatomie

Un rapide rappel anatomique pour comprendre ce que signifie cette différence : Les muscles se contractent et se détendent pour créer du mouvement. Les ligaments relient les os entre eux et aident à stabiliser les articulations. Les muscles sont constitués de tissu élastique. Les ligaments sont principalement constitués de collagène et contiennent très peu d’élastine, la protéine qui aide les tissus à reprendre leur forme après un étirement ou une contraction. Si un ligament est trop étiré, il le reste. Il ne stabilisera pas l’articulation aussi efficacement. L’articulation peut devenir instable et provoquer des douleurs et des blessures.

Pour comprendre la différence, étendez votre bras devant vous, la paume tournée vers le haut. Étendez activement votre poignet, de sorte que vos doigts commencent à pointer vers le sol. C’est la mobilité de votre poignet. Maintenant, étendez votre bras devant vous avec la paume de la main vers le haut et appuyez doucement sur le bout de vos doigts, en étirant le poignet. C’est la flexibilité de votre poignet.

Flexibilité et mobilité vont de pair. Pour avoir une bonne flexibilité, il faut une bonne mobilité ; peu importe la flexibilité d’un muscle si l’articulation ne permet pas le mouvement. Pour avoir une bonne mobilité, il faut de la souplesse, car le mouvement dans l’amplitude de l’articulation exige une certaine flexibilité.

L’étirement excessif et d’autres problèmes surviennent lorsque l’étirement (flexibilité) manque de contrôle (mobilité). Une personne ayant une bonne flexibilité peut être capable de faire la même amplitude de mouvement qu’une personne ayant une bonne mobilité, mais elle compense en utilisant des muscles ou des positions articulaires différents. Par exemple, une personne qui peut toucher le sol sans plier les genoux peut avoir les ischio-jambiers tendus, mais le bas du dos est mobile.

Ainsi, une règle très générale serait de renforcer et de stabiliser les zones hypermobiles et d’étirer et de mobiliser les parties du corps trop stables.

Conseils pour s’étirer en toute sécurité

  1. Échauffez-vous d’abord. L’étirement des muscles froids augmente le risque de blessure. Échauffez-vous en faisant une promenade, un jogging, une promenade à vélo ou quelques salutations au soleil.
  2. Gardez une légère flexion de vos articulations. Au yoga, vous avez probablement déjà entendu un instructeur dire qu’il faut microfléchir le genou ou le coude. Cette petite flexion encourage vos muscles à faire le travail et vous empêche de camper dans vos ligaments.
  3. Maintenez l’engagement musculaire. Le fait de maintenir vos muscles quelque peu actifs, par opposition à l’étirement, aide à stabiliser et à soutenir vos articulations.
  4. Créez un soutien. S’asseoir le dos contre un mur, utiliser une sangle autour des bras ou un bloc aux pieds peut vous empêcher d’être en hyperextension et vous aider à trouver un bon alignement. Parlez à votre professeur de yoga pour obtenir des modifications et des suggestions.
  5. Reculez. Vous n’avez pas besoin de vous étirer ou de poser aussi loin que vous le pouvez. Un étirement productif devrait impliquer une légère traction dans le muscle. Une sensation de piqûre ou de coup de poignard signifie que les muscles sont étirés au-delà de leur capacité.
  6. Intégrez des techniques de relâchement auto-myofascial. Selon une étude publiée dans le Journal of Strength and Conditioning Research, il a été démontré que l’utilisation de balles de massage ou de rouleaux en mousse augmente l’amplitude des mouvements.
  7. Intégrer des exercices de rotation articulaire contrôlée (CARS). Il s’agit de la pratique consistant à faire bouger un groupe de muscles ou une articulation dans toute son amplitude de mouvement. Ces exercices aident à créer de la stabilité, à maintenir et à améliorer l’amplitude des mouvements et constituent également un excellent moyen d’évaluer votre amplitude de mouvement, ce qui peut vous aider à comprendre ce dont vous avez besoin pour vous renforcer et ce dont vous avez besoin pour vous étirer.